Chez Mollat, « ces réseaux numériques dits sociaux »

Librairie Mollat

Librairie Mollat

Les plafonds dorés des salons Albert Mollat et la « trivialité » du sujet, les « réseaux sociaux numériques » faisaient contraste hier 30 mai 2011.

C’est une de mes obsessions de chercher un antagonisme entre les élites (journalistes, artistes, scientifiques, hommes politiques, …) et la masse des internautes à propos des réseaux sociaux.

J’ai probablement tort comme m’en a convaincu le fait de découvrir qu’un prof de ma fille avait trouvé sur Wikipedia un sujet d’interro après que j’ai vainement tenté de la dissuader de faire ses devoirs avec cette encyclopédie ou que Houellebecq ait reconnu s’en être largement inspiré pour un passage de son dernier livre.

Pour nous parler des « ces réseaux numériques dits sociaux », titre d’un ouvrage collectif paru chez Hermès étaient présents Jacques Perriault, professeur en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Paris X, Alexandre Coutant de l’Université de Franche-Comté, Alain Kiyindou, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’université Michel de Montaigne Bordeaux 3, Mokhtar Ben Henda, Professeur de l’Enseignement Supérieur, ISD, Université La Manouba, Tunisie et Maitre de Conférences, ISIC, Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, Anne-Marie Laulan, professeure émérite de sociologie à l’Université de Bordeaux III.

J’ai acheté l’ouvrage et ai commencé à le lire. Comme souvent quand les auteurs sont des universitaires ou des scientifiques, la précision clinique des mots et des concepts nuit à la compréhension du béotien cependant qu’elle approche la « vérité ». J’en recommande cependant chaleureusement la lecture pour celles et ceux qui, comme moi, ont eu une approche autodidacte du sujet.

A propos de vérité, la dame qui animait les débats nous a rassuré (mais réconforté dans mon obsession de l’antagonisme) : la librairie Mollat avait vérifié que plusieurs articles de Wikipedia étaient entachés d’erreur. Autant demander à un allopathe de juger l’homéopathie.

Pour reprendre une expression dont je ne peux créditer l’auteur pour avoir oublié son nom, « Wikipedia c’est comme Gala ou Voici : personne ne l’achète mais tout le monde le lit ».

Étant arrivé en retard, je n’ai entendu qu’Alain Kiyindou parler de l’usage des réseaux sociaux numériques en Afrique et dans la diaspora africaine et Mokhtar Ben Henda nous faire part de son expérience vécue de l’usage de Facebook dans la révolution tunisienne.

La seconde partie de la conférence était consacrée à l’ouvrage « Les normes numériques » de Jacques Perriault coécrit avec Céline Vaguer. Il a été question de l’importance économique, sociale, culturelle de ces normes numériques qui accompagnent (favorisent ?) une mondialisation heureuse par exemple dans le domaine de l’accès aux savoirs.

Cette conférence m’a renforcé dans mon obsession initiale : au travers de certaines interventions et des réponses aux questions, j’ai ressenti à la fois une réelle expertise sur les sujets abordés mais parfois une morgue à l’égard de ces millions d’utilisateurs des réseaux sociaux qui créent collectivement du savoir sans avoir les diplômes requis, badinent oisivement sur Facebook, alimentent la vacuité des contenus grâce à leurs Tweets, …

J’ai l’impression qu’à défaut d’avoir su créer Facebook et Google, il ne nous reste plus qu’à discourir sur le meilleur nom pour les « réseaux sociaux », à édicter des normes et imaginer la prochaine taxe sur Internet.

Je suis bien placé pour savoir qu’il y a un réel problème de modèle économique sur Internet. Serge Soudoplatoff le rappelait en conclusion du TEDx Bordeaux : ce qui compte c’est de financer les infrastructures, les services suivront toujours.

Je dis simplement que nous serions plus crédibles pour parler de la taxe « Google », si nous avions créé nous même le monstre.

Articles liés :

  1. Lignes Maginot numériques

Leave a Reply